|
Les passants ne peuvent pas rater ce groupe d’hommes, juste au coin du rond point d’Andravoahangy. Ils s’autoproclament « maçons », « menuisiers », « serruriers », « porteurs » ou encore « plombiers. »
Convaincu de l’être, Randriambololonirina Voavisoa Andriniaina, 25 ans, plombier de son état, figure parmi la cinquantaine que nous avons surpris, hier dans la matinée, sur leur « quartier général ». TTOM ( The Times Of Madagascar) : Raconte- nous ce qui t’a amené à atterrir ici ? Randriambololonirina Voavisoa Andriniaina : J’ai quitté l’école à quatorze ans pour me lancer dans la formation en plomberie pendant deux ans à Toliara. Il m’a fallu de l’encadrement, donc j’ai travaillé pour des tierces. C’est en 2003, que j’ai décidé de faire du free lance. TTOM : Comment opères- tu avec tes confrères? RVA : Notre effectif dépend surtout du client mais d’habitude deux plombiers travaillent à chaque pose ou installation. On partage « égale » le salaire. Pour les petites réparations, un seul suffit. Nos déplacements sont à la charge du client. Souvent, je travaille en tant qu’aide pour la main d’œuvre, avec la Jirama par exemple. TTOM : Est-ce un métier qui fait vivre ? RVA : Oui, jusqu’ici j’arrive bien à subvenir aux besoins de ma petite famille. Je suis marié, j’ai à ma charge une petite fille de 7 ans. Quoique comme tout le monde, le nombre des clients diminue avec leur pouvoir d’achat, crise oblige ! Du coup, il nous faut diminuer le tarif…à 75%. TTOM : Quelle est la période faste pour la plomberie ? RVA : En période de pluies, beaucoup de ménages font appel à nous pour le débouchage des égouts, des éviers ou des fosses. Il nous arrive de faire trois installations de canalisation et 5 poses d’éléments sanitaires en une journée. Pour les réparations des cabines de douches et des robinetteries, ce sont les grands hôtels qui font appel à nous. Mon meilleur marché remonte en 2005 où j’ai réalisé d’un coup 1.000.000 ariary. A l’époque, on m’a chargé d’installer les pompes d’un système de drainage sur une grande plantation à Ambohimandroso. TTOM : Donne- nous des idées sur la tarification. RVA : Le débouchage des éviers et des lavabos varie entre 10.000 et 15.000 ariary , pour la fosse, c’est à 50.000. Le tarif du vidange des fosses septiques va de 800.000 jusqu’à 1. 500.000 ariary. C’est le plus cher puisqu’on s’y met à 6 ou 8 personnes. TTOM : Quels sont les contenus de ton sac de plombier ? RVA : Mon sac il pèse environ 15 kilos. C’est le poids que je dois supporter d’Itaosy, mon domicile à Andravoahangy depuis 7 ans maintenant. En général des outils de mesures et des outillages à mains comme les clés à griffes, les filières, une pince, un tourne vice, une clé à molette, sont les outils et accessoires d’un plombier. TTOM : Explique- nous un peu ton choix sur ton métier. RVA : Mon père exerce jusqu’à ce jour le métier de plombier. A 56 ans, il est également électricien. Mon choix et mon cursus sont tout tracé. C’est un travail qui me passionne bien que modeste. TTOM : Les gens font- ils des préjugés quand vous squattez au coin de la rue comme ça ? RVA : Justement, il y a des passants qui nous prennent pour des bandits, des chômeurs surtout ceux qui ne nous connaissent pas. Nous sommes tous enregistrés au bureau du Fokontany, bien que la majorité d’entre nous n’habitent pas le quartier. Il est quand même bon de la faire savoir pour éviter les hâbleurs. La confiance des clients pour nous est primordiale dans ce milieu. TTOM : Penses-tu t’éterniser dans la plomberie ? RVA : Sincèrement, je souhaiterais évoluer dans ce domaine. Pour le moment, c’est loin d’être faisable mais sur le long terme, je voudrais avoir ma propre petite entreprise de plomberie. Le moyen terme est pour nous la création d’une association de plombiers. |