Ou encore Big Brother. Dans les grandes surfaces européennes ou de toutes sociétés de consommation, cette expression est affichée sur des « boules » de caméra surveillant les éventuels clients cleptomanes ou chapardeurs. A Madagascar, ce système est remplacé par des faux clients arpentant les innombrables couloirs d’étalages, mais dont les yeux sont rivés sur les plausibles délinquants.
Non pas non plus qu’il y ait délit de sale gueule mais pour l’instant, l’humain est moins onéreux que ces machines de surveillance. Il va sans dire aussi que les caméras installés aux différents coins et recoins des carrefours n’existent pas encore. La bonne vieille méthode visuelle a encore de beaux jours devant elle, quand bien même certaines techniques ont déjà fait leurs apparitions. En tous les cas, depuis belle lurette, les écoutes téléphoniques sont bel et bien en place. Aussi bien du temps du téléphone filaire que désormais sans fil, portable. Ceux qui croyaient cela impossible se trompent sur toute la ligne, bien au contraire, ils sont tout aussi suivis qu’écoutés grâce aux « morpions » installés soit dans les puces, soit selon les options installées sur les appareils. A preuve, ces grésillements ou autres larsen inopinés et impromptus qui s’incrustent au beau milieu d’une conversation, surtout si celle-ci dure un certain temps entre les interlocuteurs, pour disparaître instantanément lorsque les correspondants commencent à invectiver des mots « doux » à l’encontre de l’intrus, et à la grande hilarité de celui à l’autre bout, autant du fil que de la communication. Evidemment, ce n’est pas toujours ici qu’une commission nationale informatique et liberté verra tantôt le jour. D’ailleurs, avec la mesquinerie atavique des agents, doublée de leur versatilité légendaire pour quelques billets, d’aucuns peut obtenir les comptes rendus de conversation d’une personne particulière. La justice n’a rien à y voir, ni ne veut pas voir, autant par absence de loi, vide juridique absolvant, que par désintérêt pur et simple. Cette dernière a mieux à faire à « mâter » les opposants du régime, nonobstant les affirmations de la première responsable de l’apolitisme judiciaire. Ce n’est plus de la langue de bois, mais plutôt une justice de bois, surtout si le prévenu libéré sur ordre est un trafiquant de bois précieux. Toujours est-il, du fait de ces différents espionnages à la gasy, les délateurs des renseignements généraux travaillent désormais à plein temps. Qui aux alentours du palais de verre à Anosy, qui devant un grand hôtel spécialiste en conférences, rencontres et manifestations en tous genres, qui devant un autre spécialisé dans le logement des personnalités, qui dans les endroits dits stratégiques pour rendre compte, justement par toutes les techniques offertes du téléphone. La naïveté n’était pas de croire que cela n’existerait pas après la lutte contre les liberté et dictature, à preuve, la police politique tant décriée dans les années suivant le discours de La Baule reprend service officiellement. Avec les mêmes méthodes, les mêmes brutalités, et plus de la chose, avec de plus en plus d’ostentation et dans tous domaines et matières. Mais simplement, que ces écoutes auraient pu se faire discrètement, sans trop de désagrément pour les ciblés. Encore heureux que les grandes décisions attendues en cette fin de semaine se fasse toujours par la bonne vieille méthode de l’écrit, si tant est qu’ils vont être « enfin » respectés à la lettre et dans l’esprit par les signataires. Effectivement, souriez vous êtes … écoutés ou photographiés ou les deux à la fois ! L’appareil à ces deux fonctions étant florès et de plus en plus meilleur marché chaque jour concurrençant sérieusement le Très Haut qui voit et entend toujours tout. |