Trente jours déjà, jour pour jour, heure pour heure. Et aucune réaction de la part de la HAT quant au sort des deux membres de médias en prison. Le collectif des journalistes, le mouvement des religieux et même les chrétiens de la FJKM ont lancé des appels, ont effectué des requêtes auprès des instances locales et étrangères, mais rien. Nos collègues de la Radio Fahazavana croupissent pour une durée indéterminée à Antanimora.
LP rejetée
Me Rolland Stephenson Ranarivony, avocat de ces ‘’présumés complices’’ de la mutinerie d’Ampahibe, a demandé la liberté provisoire pour ses clients. Cette requête a été rejetée par le tribunal. Et ils devront donc attendre ; longtemps car même la date de leur procès n’a pas encore été prononcée pour des raisons inconnues. Jusqu’à aujourd’hui, la réelle raison de cette incarcération demeure floue pour le monde médiatique. « Le crime de droits communs », inventé par la ministre de la justice de la HAT ne convainc personne. Et bien sûr, les avocats de la défense sont sûrs que « les chefs d’inculpation à l’égard de Didier Ravoahangiarison et Lolo Ratsimba ne sont pas fondés, à moins que la partie plaignante, qui n’est autre que l’Etat lui-même, ne leur accable avec d’autres dossiers fumants. » Organismes étrangers muets Les journalistes sensibles à cet état de fait n’auront plus qu’un seul recours : lancer un appel aux organismes étrangers pour la défense de la liberté de presse et des journalistes. Reporters Sans Frontières a publié le 29 Janvier un article appelant « à la tenue rapide d’un procès juste et équitable. Et si celui-ci ne prouve pas la culpabilité des deux journalistes, ces derniers devraient logiquement être relâchés », revendique RSF, mais ce n’est qu’un appel sans écho. En tout cas, nos confrères ne sont pas encore comptés parmi les 186 journalistes emprisonnés, encore moins parmi les 12 journalistes incarcérés cette année, cités dans le baromètre de la liberté de la presse de cette année de RSF. Même le nom d’Evariste Ramanantsoavina de la Radio Mada, mis sous les verrous en 2009 ne figure pas dans ce baromètre. Il faut noter que le dernier emprisonnement remonte au 21 Janvier de cette année et la victime n’est autre que Lilli Farhadpour, journaliste et écrivain iranienne. D’autres actions intensives sont vainement attendus par les journalistes malgaches, qui « non seulement aideront Didier et Lolo à recouvrir leur liberté, mais donneront surtout un nouveau souffle au journalisme malgache ».
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