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Presse, une liberté aléatoire |
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03-05-2009|
Écrit par franck ro
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En ce début mai, les journées consacrées à la presse constituent un chantier pour tester sa liberté à Madagascar.
Le Cite d’Ambatonakanga ou le motel d’Anosy se transformeront donc en une sorte de laboratoire pour que les confrères puissent faire une auto-évaluation du métier qualifié ironiquement parfois de « quatrième pouvoir » Quoi qu'il en soit, cette liberté d’expression de la presse malgache est encore très fragile pour ne pas dire aléatoire. Elle est assumée à moitié car elle dépend entièrement de la qualité du pouvoir en place, des rivalités et du penchant politique du patronat. A commencer par le cas de la soi-disant transition ou la HAT. Son interprétation de cette liberté de la presse se cantonne uniquement dans la prise de décisions souvent contraires à celles adoptées par le pouvoir légal de monsieur Ravalomanana. Alors, pour montrer que ladite institution joue le jeu de la liberté, son ministre de la communication en la personne de Gilbert Raharizatovo promet bien de donner son feu vert pour rouvrir les organes de presse (audio-visuel surtout) qui se sentent jusqu’ici muselés. Mais cela à condition, a-t-il précisé, qu’ils promettent à leur tour de respecter le cahier des charges. Il est vrai que le chef de l’état a sévi contre des confrères qui ne lui sont pas favorables, surtout dans les régions. Des stations de radio, des chaînes de télévision ou certains journaux ont été réduits alors au silence depuis à cause de leur promptitude à critiquer la présidence Ravalomanana d’une façon parfois non objective. Toujours réagir à contresens Dans son empressement pour embellir son image, le ministre tutélaire de l’éphémère HAT veut réviser le code de la communication au pays. Il a proposé un véritable débat lors de la prochaine conférence nationale tout en se montrant favorable à l’idée de présence de toutes les chaînes de l’audio-visuel à travers le pays. En contrepartie, il vise particulièrement des chaînes qui ne voient pas d’un très bon œil le régime usurpateur dont il appartient. Il n’a jamais hésité de les qualifier tout simplement comme des chaînes pirates. L’objectif est donc clair : les réduire au silence. Mais l’autre problème de la presse ne peut qu’émaner de l’opinion publique elle-même. Il s’avère que celle-ci est loin de supporter la vérité que lui apporte la première. Cette subjectivité politique exacerbée et tendancieuse de l’opinion publique est une véritable plaie dans la réalisation du métier de journalistes. Les évènements de janvier dernier avec la mise à sac des locaux de la chaîne nationale RNM et sa cousine de la télévision TVM l’illustrent parfaitement bien. Pire, la chaîne MBS appartenant au président de la république n’ étaient pas épargnées par la folie destructrice d’une opinion décidément versatile, extrêmement changeante et dont on craint, excusez le mot, de se fier. Mais la destruction de ces premières par les Tananariviens était lui-même occasionné par la fermeture des chaînes de radio et de télévision de VIVA par le pouvoir légal de Ravalomanana peu de temps avant cela. Et la série noire a continué. Une fois arrivé au pouvoir que beaucoup souhaitent qu’il serait bientôt court, la HAT se hâtait de s’emparer arbitrairement de l’émetteur de la radio Mada du président légal, sous prétexte que ses journalistes font de la désinformation ou font de l’incitation au trouble public. Bref, tout comme la démocratie, l’on ne cesse pas de s’interroger sur quoi va-t-on baser une véritable liberté de la presse à Madagascar sinon elle risquerait d’apparaître uniquement comme factice ! Seul l’après –Cite ou l’après-Solimotel nous le dira ! Wait and see ! |